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 Fermeture et télétravail : une improvisation à tous les niveaux

 

Alors qu’un an s’est écoulé depuis la première vague, le gouvernement continue de gérer la crise sanitaire « à la petite semaine ». L’annonce de la fermeture des écoles deux jours avant sa mise en place effective en est une fois de plus l’expression. Le gouvernement ne peut en effet se cacher derrière le caractère « imprévisible » de la situation car ils ont ignoré les alertes de la CGT et des autres organisations syndicales, ils ont refusé de mettre en place des choix permettant de répondre à la situation.

Un an après, nous redémarrons à zéro. Les personnels vont continuer de faire face avec les moyens du bord : applications peu fiables qui produisent déconnexion régulières, absence de cadre clair qui génère stress et risques socio-organisationnels au travail, équipements dérisoires au regard des besoins… et … 150 euros qui sont très loin de couvrir les frais du télétravail !

Pour les enseignant·es non titulaires cette prime négligeable ne sera versée qu’en avril. La CGT exige l’application des textes relatifs au télétravail dans la fonction publique qui prévoient le remboursement de l’ensemble des frais engagés.

Un an après, les personnels n’ont pas reçu de formation pour mettre en place l’enseignement en distanciel, ignorant les alertes de la CGT et d’autres organisations syndicales. Pourtant enseigner par télétravail n’a rien d’instinctif. Il ne suffit pas d’allumer un ordinateur et de rentrer dans la matrice ! Pour un·e enseignant·e, cela commence par la maîtrise des outils numériques nécessaires. La préparation d’un cours en télé-enseignement ne peut se concevoir de la même manière qu’une séquence en présentiel et n’en aura jamais l’efficacité. Il y a dans un cours tellement de petits gestes, de remarques, de signaux qui sont le moteur de notre pédagogie. Ce sont ces interactions qui nous permettent d’aider les élèves à surmonter leurs incompréhensions, leurs erreurs, leurs difficultés.

Les différents échanges effectués avec nos adhérent·es a mis cette réalité en évidence : les dépenses pour l’enseignement en distanciel sont venues grever leur budget personnel. Celui-ci est déjà impacté par le manque de moyens dans les classes. Sur leurs propres deniers les personnels sont en effet contraint d’acheter : manuels, livres, jeux, petit matériel, ingrédients de cuisine, toner, renouveler régulièrement leur matériel informatique.. Pour certain·es collègues cela corresponds à plusieurs centaines d’euros déboursés chaque année. « La continuité pédagogique » impose au personnel des dépenses supplémentaires inacceptables.

La fracture numérique subie par les élèves n’a été ni abordée, ni résolue. Dans notre département, le plus pauvre de France : rappelons que, selon l’INSEE, le taux de pauvreté y est de 27,9% et s’élèverait à 39,4% sans la redistribution du système de protection sociale. Nos élèves sont pour beaucoup issu·es de familles défavorisées dont l’accès au numérique est plus que fragile. De même, rien n’est prévu pour s’attaquer aux conséquences néfastes du décrochage que beaucoup d’élèves vont affronter à nouveau. Cette inaction ministérielle assumée va une fois de plus fragiliser les élèves déjà précarisé·es et c’est inacceptable.

Exigeons de l’employeur qu’il respecte ses obligations, exigeons que l’ensemble de nos dépenses soient prises en compte telle que le défini la loi, mobilisons nous pour imposer au gouvernement une autre politique que celle de la fuite en avant !