Communiqués Plan d’urgence

 Notre intervention auprès du préfet pour un plan d’urgence dans le 93

 

Le 21 mai, L’intersyndicale CGT-FSU-SUD-CNT et la FCPE 93 ont été reçus en préfecture. Voici la déclaration de la CGT.

Monsieur le Préfet,

Nous sommes devant vous aujourd’hui pour vous demander d’intervenir expressément auprès de votre administration pour que le droit dont vous êtes garant s’applique sur notre département dans le fonctionnement des établissements scolaires.

Nous le répétons depuis plusieurs années, appuyé par les données officielles de la DEPP, des rapports par les commissions d’enquêtes de l’Assemblée Nationale, etc…, nos élèves perdent 1an de scolarité parce qu’iels sont habitants de Seine-Saint-Denis et que l’Etat ne met pas les moyens à la hauteur des autres territoires. Un élève en Seine-Saint-Denis coûte près de 30% de moins à l’Etat qu’un élève d’un autre département. C’est 6200 euros contre 8600 dans le reste de la France. Ces chiffres se sont vos services qui le disent.

Personne ne peut se satisfaire de ce constat et il est urgent, Monsieur le Préfet que le principe d’égalité s’applique, à défaut du principe d’équité qui voudrait que dans le département le plus pauvre de France, l’Etat investisse plus qu’ailleurs pour donner une réelle chance à nos élèves.

Est-il normal que partout nous entendons que l’Ecole est le moyen de gommer les inégalités sociales et qu’ici par un investissement moindre, elle les renforce ? Est-il normal qu’un élève de maternel ou de primaire se retrouve sans enseignant pendant plusieurs semaines par manque de remplacement ? C’est pourtant la réalité de ce que vivent nos élèves. Est-ce que cela se passerait ailleurs ? Dans ces proportions non et nous le savons toutes et tous autour de cette table. Le 93, c’est 20% de non remplacement lorsqu’il se situe entre 7,5 et 10% dans le reste de la France.

Pouvons nous face à ce constat nous passer des 67 postes dans le 1er degré en passe d’être supprimés à la rentrée ?

Au ministère le 31 mars, on nous disait qu’il pouvait y avoir des différences entre le macro et le micro pour justifier que certaines classes fermes alors que le nombre d’élève augmente dans certaines classes… C’est donc vers vous que nous nous tournons pour que vous puissiez faire remonter en tant que représentant de l’Etat au niveau local que la baisse budgétaire du ministère prévue pose un réel problème au niveau micro sur notre département. Il devient impossible de justifier des fermetures de classe auprès des parents, des personnels et de la population séquano-dyonisienne dans son ensemble quand les effectifs par classe augmentent et que les inégalités sont criantes.

275 fermetures de classes sur 850 écoles, c’est près d’une école sur trois qui est touchées. Ce n’est plus une mesure d’ajustement face à la baisse démographique érigée en dogme par le ministère, c’est une saignée pour la réussite de nos élèves.
Le service public d’Education dans le 93, c’est également 40% d’établissement où il manque des personnels médico-sociaux. A l’heure où le ministère met la santé mentale des élèves en priorité nationale, vous conviendrait qu’il y a dichotomie… Et ce constat ne prend pas en considération, le plan santé scolaire qui prévoit la prise en charge par les assistantes sociale du 1er, jusque là délaissé mais à moyen constant. Pouvons-nous nous passer dans le département le plus pauvre de France de moyens sociaux et médicaux dans nos écoles à la hauteur des besoins ? Pouvons-nous laisser des élèves en situation de handicap sans accompagnement ? C’est là encore une réalité de notre territoire. Il manque 2000 AESH pour couvrir les besoins notifiés par la MDPH pour une école réellement inclusive. A ce jour, ces prescriptions ne sont pas respectées avec des élèves et des ensaignant.e.s qui tentent tant bien que mal de compenser. Il y a des élèves privés de classe sur certain moment de la semaine parce que le temps de présence de l’AESH ne correspond pas au besoin de l’élève et que sans cet accompagnement, l’élève ne peut pas être pris en charge.

Si la baisse démographique justifiait la saignée à laquelle nous assistons dans le 1er degré, il faudrait nous expliquer également, Monsieur le Préfet, pourquoi dans le 2nd degré, alors que les effectifs augmentent, les dotations en personnels n’évoluent pas à la hauteur des besoins. Outre le recrutement qui n’est pas à la hauteur avec un nombre d’heures non assurées inquiétant, nous assistons depuis 2022 à un phénomène M. Chalex, ancien DASEN, avait appelé à ce moment-là « le ventre mou » : celui des élèves non affectés à l’issu de la 3e. Chaque année depuis 4 ans, c’est plus de 500 élèves de troisième sans affectation parce qu’on anticipait déjà cette baisse démographie. C’est donc plus de 2000 élèves maintenant pour qui l’Etat n’a pas respecté ses obligations. Ceux sont des élèves qui se retrouvent dans des dispositifs alternatifs ou mis là où il avait de la place et qui décrochent, ceux sont des élèves que l’on a contraint à redoubler faisant fi du respect du droit. Quand dans d’autres académie, Paris par exemple, le problème des élèves sans affectation, c’est résorbé très rapidement, ici en Seine-Saint-Denis, il persiste depuis des années.

Voilà M. le Préfet, l’état d’injustice dans lequel ce trouve l’Ecole dans notre département et cela ne peut plus durer ! Il est de votre responsabilité en tant que garant des lois et des politiques nationales sur notre département de faire en sorte que cela cesse et qu’enfin un plan d’urgence pour la Seine-Saint-Denis soit mis en place. Et pour cela il faut :

  • Que cesse immédiatement les 275 fermetures de classe
  • Le recrutement massif de 5000 enseignant.e.s et de 2000 AESH
  • La création de 128 postes d’infirmières scolaires et médecins scolaires et 70 assistantes sociales
  • La création de 175 postes de CPE et 650 AED