Service santé-social : AS, infirmière

 DECLARATION DE LA CGT EDUC’ACTION A LA CAPA DES ASSAE DU 23 juin 2017

 

La fin du quinquennat Hollande a sonnée, quinquennat pendant lequel la priorité devait être l’Éducation.

Aujourd’hui, force est de constater que les 60 000 créations de postes annoncées n’ont pas permis de récupérer les 80 000 postes supprimés sous la présidence Sarkozy. De plus, sont comptabilisés dans ces 60 000 postes, 4 000 AESH (aides aux élèves en situation de handicap) et 2 000 assistants d’éducation, soit 6 000 personnels précaires. Ces créations de postes ne compensent pas la hausse démographique et restent souvent invisibles sur le terrain.

L’actualité de la filière sociale a également été dense et pour cause, il s’est agi pour ce gouvernement de faire passer à marche forcée toutes les réformes amorcées en début de quinquennat et pas toujours abouties du fait de mobilisations : Ré architecture des diplômes et formations en travail social, Parcours Professionnel Carrière et Rémunération, Chantiers des métiers et revalorisation des missions à l’éducation nationale…Ainsi, la commission paritaire consultative (C.P.C.) du travail social et de l’intervention sociale a rendu le 15 septembre dernier son dernier rapport présentant le schéma des formations sociales. Ce rapport commandé par le gouvernement s’inscrivait dans le plan d’action en faveur du travail social et du développement social. Il définit les grandes lignes du projet de ré architecture des diplômes en travail social. Si le travail social est actuellement confronté à des problématiques essentiellement liées à un manque de moyens, les réponses apportées par ce rapport valident une fois de plus le principe d’économie. Les difficultés propres au travail social sont survolées. Le gouvernement a choisi de combattre non pas la perte de sens du travail social mais de l’entériner. Le rôle de la C.P.C. a donc été de réformer la formation et de transformer l’identité professionnelle du futur travailleur social pour mieux l’adapter aux attentes des politiques.
Une fois de plus on veut nous faire croire que cette réforme nous permettra d’obtenir la catégorie A. Or le passage en catégorie A, petit A, ne concernera que certains travailleurs sociaux du secteur public en fonction de missions particulières accomplies.

Et ce gouvernement a fini sa mandature par la publication de la circulaire de missions des AS scolaires et ce de manière très irrespectueuse tant pour les personnels que pour certaines organisations syndicales dont la CGT.
Le MEN a osé affirmer que cette nouvelle circulaire est "protectrice pour les AS" alors qu’elle entérine le désengagement des collectivités territoriales (notamment par la mise en place de la co-évaluation dans le cadre de la Protection de l’enfance, mission dont les CD sont les chefs de ligne et à laquelle participe le SSFE) et organise l’accroissement de la charge de travail pour les assistant-e-s soci-ales-aux.
Les AS doivent donc se préparer à quitter collèges et lycées non estampillés "défavorisés" pour aller dans les écoles maternelles et primaires. En ne donnant pas les moyens nécessaires à son service social, le MEN fait le choix d’aggraver les inégalités territoriales et de détériorer l’accès au service.

Ainsi, la nouvelle circulaire acte le redéploiement progressif des AS du second degré vers le premier degré des REP+. Les priorités fixées par le MEN sont :

- les collèges des réseaux d’éducation prioritaire et les écoles en REP+,
- les collèges du secteur rural accueillant des élèves issu-e-s de milieux sociaux défavorisés,
- les collèges avec SEGPA, ULIS, dispositif relais ou classe d’accueil pour élèves allophones,
- les lycées professionnels,
- les établissements avec internat.
Et tout cela sans les créations de postes nécessaires !

Ainsi pour l’académie de Créteil seulement 5 postes sont crées à la rentrée prochaine ce qui ne répond pas aux besoins du SSFE avec le maintien des postes dans le 1er degré. Qu’en est il d’ailleurs aujourd’hui du bilan de cette intervention dans le 1er degré ? Nous n’avons à ce jour aucun retour comme cela devait être fait. Nous nous inquiétons bien sûr de l’application de la nouvelle circulaire de missions dans notre académie où les situations sociales des enfants et des familles que nous accompagnons se dégradent et auxquelles les assistantes sociales doivent faire face sans avoir les réponses adéquates. Assistantes sociales de plus en plus en situation de souffrance, souffrance qui se traduit par une exposition de plus en plus grande à des risques psycho-sociaux.

Quant au passage au grade d’ASP seulement 9 promouvables tout comme l’année dernière. La CGT a refusé la mise en place de ces nouveaux critères de promotion tels qu’ils ont été proposés. Nous demandons la prise en compte comme seul critère, l’ancienneté dans le corps, l’ancienneté générale de service ainsi que la prise en compte des années dans le secteur privé.
De plus la CGT revendique l’automaticité au passage d’ASP comme cela se fait dans d’autres administrations, avec comme conditions que les collègues soient au 5ème échelon de leur grade et justifient d’au moins 4 ans d’ancienneté de service. La CGT revendique aussi que le nombre de promouvables soit largement réévalué à la hausse.

Aujourd’hui la CGT Éduc’action s’inquiète à plusieurs titres de la nomination du nouveau ministre de l’Éducation Nationale Jean-Michel Blanquer qui n’est pas inconnu dans le monde de l’Éducation puisque son dernier passage rue de Grenelle correspond aux ravages de la politique libérale mise en place par messieurs Sarkozy et Chatel.

Cette nomination indique que les volontés du président de la République sont bien celles de libéraliser l’Éducation, de casser son caractère national, de fragiliser le statut des personnels, de déréglementer le système actuel et de mettre à mal l’enseignement professionnel.
En affichant sa feuille de route pour les semaines à venir, le nouveau ministre réaffirme la volonté gouvernementale d’octroyer une plus grande liberté aux collectivités territoriales en revenant sur l’organisation de la semaine scolaire. Cela entraînerait désordre, manque de lisibilité collective et nouvelle inégalité territoriale.

La CGT Éduc’action dénonce surtout une nomination et une politique qui visent à amplifier l’autonomisation des établissements du second degré, leur pilotage par des chef-fes d’établissement aux pouvoirs étendus, la gestion des personnels par le mérite et les résultats et le tout évaluation des élèves.

Toutes ces mesures en disent long sur la volonté d’individualiser les salaires (au mérite), sur la faible place accordée au dialogue social et au paritarisme de nos institutions et sur le caractère managérial voulu par ce modèle de gouvernance, comme il a tenté de le faire en tant que recteur de l’académie de Créteil.

La CGT Éduc’action considère que cette nomination est un très mauvais signal pour le monde éducatif, les personnels et les élèves. La CGT Éduc’action sera, avec les personnels et les usagers, vigilante et combative pour s’opposer à tous les projets annoncés menaçant l’École. La CGT Educ’Action, continuera, dans l’unité, à construire les mobilisations pour défendre un service public d’éducation garantissant la réussite de toutes et de tous, dans lequel le SSFE mérite toute sa place ainsi que le service social du personnel et étudiant.