Communiqués Lycées généraux et technologiques

 Lycée Berthelot : Communiqué de presse concernant un ancien personnel poursuivi par la justice, une communauté éducative face au silence de la hiérarchie.

 

Nous, professeurs, agents, et personnels de vie scolaire du lycée Marcelin Berthelot de Pantin, vous écrivons pour vous faire part de notre vive inquiétude.

Dimanche 3 mai 2025, Le Parisien publiait un article faisant part d’une situation grave concernant un ancien cuisinier du lycée, présent depuis de nombreuses années dans l’établissement, et mis en examen pour « viol, agression sexuelle et corruption de mineur en récidive ».

L’article a été lu par un certain nombre de nos élèves, dont beaucoup sont demi- pensionnaires et l’ont côtoyé quotidiennement. Dès le lendemain, l’information s’est diffusée viralement au sein du lycée, notamment auprès des enseignants. Ce sont les personnels qui ont dû informer la direction de cette publication. Devant l’absence d’information venue de la hiérarchie, ce sont également les personnels qui ont expressément demandé, le mardi 5 mai 2026 :

• une communication de la part de l’institution auprès des personnels. Cette dernière a été effectuée par la direction à 19h mercredi, déléguant aux professeur.es la possibilité d’informer les élèves d’une éventuelle mise en place d’une cellule psychologique.

• une communication de la part de l’institution auprès des familles et des élèves. Le courrier n’a été envoyé que ce jeudi 7 mai, à 11h, suite au mouvement de grève des professeurs, mais reste évasif sur la situation, entretenant la logique « pas de vague ».

• la mise en place d’une cellule d’écoute pour les personnels et les élèves. Nous nous interrogeons sur le risque de potentielles victimes parmi nos élèves, dont certains présentent un profil socio-psychologique fragile, cible privilégiée des agresseurs. Malgré l’annonce mercredi soir de la « présence renforcée de psychologues de l’Education Nationale » tenues du 7 au 13 mai 2026, aucun dispositif n’est mis en place ce jeudi matin. Seule la psy-EN de l’établissement est présente, comme tous les jeudis, selon ses horaires habituels.

• un retour de la Région et/ou du rectorat pour expliquer comment il est possible qu’une personne mise en examen pour « viol, agression sexuelle et corruption de mineur en récidive », et préalablement condamnée pour corruption de mineur à de la prison avec sursis (information confirmée par le journaliste après notre prise de contact), ait pu travailler dans un établissement scolaire pendant des années. Nous ne disposons d’aucun retour sur ce point à ce jour.

Aujourd’hui-même, nous recevons une circulaire de M. le Ministre indiquant que « nous sommes en droit d’obtenir la protection [de l’institution], son efficacité et son soutien ».

Or, face au silence de cette dernière, l’entière responsabilité de la communication et de la prise en charge de la sécurité affective et émotionnelle des élèves est déchargée sur les seules épaules des personnels d’éducation. Les parents d’élèves avec lesquels nous avons pu interagir se demandent si leurs enfants sont en sécurité et envisagent de les retirer de l’établissement. En l’état, nous ne sommes pas en mesure de les rassurer.

Nous demandons la mise en place d’un protocole clair pour faire face à la gravité de la situation, et que notre hiérarchie prenne enfin ses responsabilités.

Les personnels du lycée Marcelin Berthelot de Pantin