Motions, voeux Echo des bahuts

 Mobilisation au lycée Voillaume d’Aulnay-sous-Bois

 

Monsieur le Recteur,
Monsieur le Ministre,
Madame la Présidente,

Nous, personnels grévistes du lycée Voillaume, réuni.e.s ce vendredi 8 avril en assemblée générale, accusons bonne réception de votre réponse du jeudi 7 avril suite à l’exercice de notre droit de retrait le mardi 5 avril.

Outre le caractère très tardif de cette réponse, qui nous est arrivée hors-délai, nous sommes scandalisé.e.s par le mépris dont elle témoigne autant que par son inadéquation face à la situation que nous subissons.

 Nos collègues victimes ont obtenu une réponse rigoureusement identique à celle qu’ont reçue tou.te.s les personnels ayant exercé leur droit de retrait. Rien ne justifie que des enseignant.e.s ayant subi des menaces de mort et des insultes homophobes ne soient pas distingué.e.s de leurs collègues par l’institution dans le traitement de leur demande. Un an et demi après le meurtre de Samuel Paty, comment accepter ce manque de considération irresponsable de la part de notre institution alors même que la famille de notre collègue assassiné vient de déposer une plainte contre L’État pour non empêchement de crime et non assistance à personne en péril ?

 Les équipes mobiles de sécurité et les brigades régionales de sécurité, dont l’intervention est présentée par votre courrier comme une mesure prise en vue d’assurer la protection de nos collègues menacé.e.s, sont en réalité présentes dans notre établissement depuis le jeudi 31 mars. Il ne s’agit pas d’une réponse adéquate à notre inquiétude, mais d’une solution apportée à une détérioration du climat scolaire à Voillaume antérieure aux faits graves qui nous ont alerté.e.s. Notons que cette mesure n’a pas permis d’empêcher que nos collègues subissent des menaces de mort, preuve de leur inefficacité.

 Votre courrier contient des erreurs factuelles. Nous sommes stupéfait.e.s que vous osiez écrire que « l’accompagnement des personnes menacées est assuré » . En effet, si nous, personnels mobilisé.e.s, avons été présent.e.s auprès de nos collègues depuis le déroulement des faits, aucune mesure concrète n’a été prise par l’institution pour les protéger et nous protéger. (Il est évident que nous ne considérons pas la transmission du numéro téléphonique de la cellule d’écoute du Rectorat comme une mesure concrète à la hauteur de la gravité des faits et de leur caractère urgent.)

Tous ces éléments témoignent d’un mépris et d’une violence inacceptables de la part de notre institution, d’autant que l’une des procédures judiciaires engagées a déjà abouti à une convocation au tribunal. Si l’institution judiciaire semble donc avoir pris la mesure de la gravité des faits, comment comprendre que notre employeur, tenu de nous protéger, ne soit pas capable de réagir rapidement et efficacement ?

Notons que cette violence institutionnelle s’ajoute à l’humiliation infligée le jeudi 7 avril aux collègues qui se sont déplacé.e.s au Rectorat pour obtenir une audience, et auxquel.le.s personne n’a daigné apporter une réponse après trois heures d’attente dans le froid et sous la pluie.

Pour toutes ces raisons, et parce que nous nous sentons toujours méprisé.e.s dans l’exercice de nos fonctions, nous réitérons notre demande d’audience auprès du Recteur. Nous réitérons également notre demande d’un poste de CPE (formulée depuis l’an dernier suite au départ en retraite d’une collègue non remplacée) et de cinq postes supplémentaires d’AED.

Enfin, nous avons décidé de contester devant le tribunal administratif le refus que vous avez opposé à notre droit de retrait, ce qui offrira l’opportunité d’une médiatisation dans les prochaines semaines.

Nous espérons pouvoir compter sur votre soutien, lequel a déjà trop tardé compte tenu de la gravité des faits qui continuent de nous alerter.
En vous remerciant de l’attention que vous porterez à notre demande, nous vous prions d’agréer, M. le Recteur, l’expression de notre considération distinguée.

Les personnels du LGT et du LP Voillaume,
leur représentant.e.s du personnel,
et leurs représentant.e.s syndicaux et syndicales.