Motions, voeux UPE2A

 Moyens pour les élèves non-francophones à Créteil : une externalisation inacceptable !

 

En janvier 2020, en Conseil Technique Académique, le Recteur a confirmé que les UPE2A-Lycée, accueillant les élèves allophones de plus de 16 ans, seront dotées par le rectorat seulement de 21 heures par semaine au lieu de 32 heures précédemment.

En avril, en plein confinement, les services du Rectorat ont sollicité les coordonnateurs UPE2A-Lycée de l’académie pour construire un projet, intitulé officiellement "projet Réussite FLE-FLS", permettant de bénéficier d’heures qui seraient désormais payées par le FSE (Fonds Social Européen). Une 40aine de projets ont été déposés. Finalement, sous la pression de l’intersyndicale et d’une pétition en ligne, les UPE2A-Lycée de l’Académie ont été dotées de 6 à 7 heures chacune sur fonds rectoraux (en HSA).

En cette rentrée, le rectorat de l’académie de Créteil s’enorgueillit de créer 11 UPE2A-NSA-Lycée (pour les élèves Non Scolarisés Antérieurement). Cela pourrait constituer une réponse positive aux revendications syndicales : jusqu’alors, ces enfants n’étaient pas scolarisés, dans l’Académie de Créteil. Mais ces structures seront intégralement financées par le FSE et pris en charge par des entreprises privées ou des GRETA, dans des lycées.

De plus, 8 lycées de l’Académie ont été choisis pour être “pilotes” dans un projet qui devraient être mis en place dans toutes les UPE2A-Lycées à la rentrée prochaine. Dans ces établissements, 4 heures sont allouées pour faire du suivi linguistique. Cela pourrait également répondre aux revendications syndicales pour l’accueil des élèves allophones : jusqu’alors les heures de suivi linguistique étaient financées par le rectorat pour les collèges mais pas pour les lycées. Mais ces heures répondent en fait au projet rectoral auprès du FSE et seront financées en vacation.

Pour toucher ces 4 heures par semaine, il faut mettre en place 6 ou 7 heures d’inclusion, condition sine qua non. Mais il ne s’agit pas d’une intégration individuelle (un élève dans certaines matières en fonction de ses besoins et de son niveau)mais d’une inclusion totale entre deux classes (une UPE2A et une classe ordinaire)et sans aucun fondement pédagogique. Il pourrait justifier ultérieurement la fin des classes spécifique UPE2A-Lycée et donc l’immersion totale.

Pour justifier la contrepartie rectorale à la mise en place de ce projet FSE, il est demandé une charge de travail hallucinante. Tous les professeurs, de toutes les matières doivent faire des fiches d’émargement pour chaque cours, tous les enseignants auront une lettre de mission individuelle, un tableau de suivi des émargements devra être rempli régulièrement, des questionnaires à remplir à trois moments de l’année sur tous les élèves seront à transmettre, des bilans d’indicateurs de résultats seront à fournir... Les collègues vont se noyer dans cette nouvelle et dangereuse technique managériale, sous prétexte de financement.

Il semblerait que d’autres académies soient déjà engagées dans le même sens. Il s’agit donc, bien évidemment, d’un projet ministériel.

Nous dénonçons ce désengagement de l’État. La dotation académique devraît être augmentée pour constituer les nouvelles classes d’UPE2A-NSA plutôt que de baisser les moyens des classes déjà existantes.

Voeu : Le CTA de Créteil demande instamment :
-  La scolarisation de tous les enfants (- de 18 ans) dans des structures adaptées, financées par le rectorat
-  Le maintien des 32 heures de dotation rectorale dans les UPE2A-Lycée
-  Un financement des UPE2A-NSA-Lycée par le rectorat