Mutations forcées : A Pantin, au collège Jean Lolive, le rectorat de Créteil se couvre de honte une nouvelle fois

 

C’est par un courrier recommandé envoyé pendant les vacances de printemps et sans aucune procédure contradictoire que deux collègues du collège Jean Lolive, à Pantin, syndiqué.es au SNES-FSU, ont appris de façon brutale et scandaleuse leur mutation dans l’intérêt du service.

De quoi parle t-on ? Encouragée par la loi de pulvérisation de la fonction publique de 2019, déjà utilisée de façon totalement abusive à l’égard d’autres collègues militant•es syndicaux•ales, la mutation dans l’intérêt du service permet en dehors de toute procédure disciplinaire et contradictoire de déplacer des collègues par le seul fait du prince.

Officiellement, il ne s’agit pas d’une sanction. Dans les faits, c’est une mutation forcée sans motif disciplinaire et sans possibilité de se défendre.

Cette décision rectorale intervient alors qu’un différend entre collègues a eu lieu plusieurs années auparavant. Malgré plusieurs demandes de médiations et après avoir interpelé à onze reprises le Directeur des Ressources Humaines de l’académie de Créteil pour s’expliquer sur le traitement de cette situation conflictuelle, l’administration du rectorat, silencieuse, n’est jamais intervenue pour régler le conflit et apaiser les tensions. Elle porte donc l’entière responsabilité de cette situation dont elle a signé l’issue dans des conditions obscures et dans l’irrespect total des protocoles existants.

Le rectorat et son DRH assument donc, au mépris de toute considération pour les collègues les ayant sollicités à de multiples reprises, de participer à la France-Télécomisation de l’éducation nationale : les personnels y sont intimidé•es, broyé•es et traité•es sans égard ni humanité. En outre, ces mutations forcées prononcées en cours d’année démontrent un mépris profond pour les élèves et leurs conditions d’apprentissage, alors même que le rectorat faillit dans sa mission de continuité du service public, faute de remplaçant.es dans la plupart des établissements du département. Invoquer l’intérêt du service public sonne comme une mauvaise plaisanterie, tandis que l’administration brutalise les personnels et ne se donne même pas la peine de s’intéresser à la continuité pédagogique pour les élèves.

Lorsqu’un.e collègue dérange, l’administration s’en débarrasse tout simplement, plûtot que d’assumer son rôle de protection des personnels. C’était déjà le cas dans l’école Pasteur de Saint-Denis ou au collège François Mitterand de Noisy-le-Grand. Qui seront donc les prochain.es sur la liste ?

L’intersyndicale FSU 93-SUD EDUCATION 93, CGT EDUC’ACTION 93 exige le maintien des deux professeurs syndiqué.es au collège Jean Lolive (Pantin) et se tient prête auprès des collègues de ce collège et de l’académie pour en finir définitivement avec le management brutal et toxique qui gangrène notre département et la répression des militant.es syndicaux.ales.