Communiqué de grève des personnels enseignants et des AESH de l’école d’Estienne d’Orves (Montreuil)
Communiqué des personnels enseignants et AESH de l’école Estienne d’Orves de Montreuil
Aujourd’hui nous étions en grève et l’école était fermée car nous refusons une situation qui dure depuis trop longtemps : la gestion catastrophique de l’aide apportée aux élèves en situation de handicap sur notre école, sur la ville et le département. Nous refusons que nos élèves ne bénéficient pas des heures d’accompagnement auxquelles ils ont droit (plus de 100h notifiées non pourvues par semaine dans notre école), nous refusons que les collègues voient leur stress augmenter à cause de situations dangereuses et évitables avec davantage de moyens, nous refusons que l’égalité des chances soit une vaine expression et ne concerne en réalité pas l’ensemble des élèves, enfin nous refusons que certains de nos élèves voient leur avenir compromis car leurs droits ne sont pas respectés à cause de politiques comptables.
Nous avons été reçu.es en audience à la DSDEN 93. Nous avons appris que 150 AESH allaient être embauché.es sur le département très prochainement. Cela ne garantit pas que tous les besoins seront couverts, ça semble même largement insuffisant. Il nous a été indiqué que notre PIAL est largement déficitaire entre autre « parce que certaines AESH partent en congé maternité, d’autres en retraite ». Le recrutement serait difficile car « il n’y a pas beaucoup de REP-REP+ à Montreuil et c’est ce que recherchent les AESH ». Pour résumer, la DSDEN 93 fait son maximum mais les AESH ont l’outrecuidance de faire des enfants, de prendre leur retraite et courent après les primes REP ! Cet argumentaire est inacceptable !
Le travail des AESH est très largement sous estimé, ce sont des collègues indispensables au fonctionnement de l’école inclusive et les problèmes de recrutement nous semblent directement liés au manque d’attractivité du métier.
Nous rappelons que « l’école inclusive ne peut pas reposer sur la précarité de près de 150 000 AESH, très majoritairement des femmes, dont le travail essentiel d’accompagnement reste invisibilisé et sous-rémunéré. » Nous demandons nous aussi à d’Estienne d’Orves « la création d’un véritable statut de fonctionnaire de catégorie B, garantissant un temps complet, un salaire décent, des droits et une reconnaissance professionnelle. » (communiqué intersyndical du 3 février 2026).
Nous avons été entendu.es lors de cette audience mais nous sommes sorti.es sans rien obtenir et demain rien n’aura changé sur notre école.
La prise en charge de l’inclusion ne peut pas non plus reposer sur les seul.es enseignant.es. Nous ne sommes pas des magicien.nes et l’absence de réelle formation, le manque d’AESH ne saurait être compensés par la visite rapide d’un.e conseiller.ère.
Le problème du manque de personnel ne doit pas non plus reposer sur les familles - les mères souvent - qui, parfois, doivent partiellement garder leur enfant à la maison faute d’accompagnement suffisant.
Nous avons envoyé plusieurs fiches SST, les réponses apportées ne nous suffisent pas. Les risques psycho-sociaux sont élevés pour nos élèves et nous-même. Nous allons déposer un droit d’alerte.
Nous restons mobilisé.es, nous soutenons nos collègues AESH dans leurs revendications et toutes leurs mobilisations pour une véritable école inclusive.
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Non à l’exclusion, oui à une école humaine et émancipatrice pour tous les enfants !
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