Communiqués UPE2A

 Elèves allophones du 93 : les grand·es oublié·es

 

Communiqué de professeur·es de classe d’accueil de Seine-Saint-Denis avec l’appui des organisations syndicales SNES, FNEC FP FO, CGT Educ’action, et Sud éducation

Dans la situation complexe actuelle, de part leur situation souvent très précaire, les élèves allophones nouvellement arrivés, scolarités en classes d’accueil (UPE2A) sont particulièrement fragilisé·e·s et les premi.er.es à subir les conséquences du confinement, tout d’abord dans l’accès à la nourriture. Parfois, certain·e·s élèves ne mangeaient qu’un seul repas équilibré par jour, à la cantine de leur établissement. Certaines familles d’élèves dépendent de structures sociales qui peinent à fonctionner du fait du confinement. Certain·e·s mineur·e·s non accompagné·e·s, vivant en hôtel ou en foyer, doivent se déplacer jusqu’à l’association dont elles ou ils dépendent et qui ne se trouvent pas toujours près de chez eux, se mettant ainsi en difficulté avec les forces de police.

De plus, de nombreux·ses élèves allophones nouvellement arrivé·e·s sont logé·e·s dans des appartements, foyers ou hôtels dans lesquels la promiscuité est plus grande qu’ailleurs, rendant très difficiles les conditions de vie confinées.
Qui plus est, la continuité pédagogique est rendue quasiment impossible pour ces élèves-là. Beaucoup d’entre elles·eux n’ont que leur téléphone, voire aucune connexion internet, ce qui complique d’autant l’enseignement à distance, surtout étant donné leur fragilité linguistique. Ils peuvent aussi difficilement recevoir l’aide de leurs parents, a fortiori encore davantage pour nos nombreux·ses élèves mineur·e·s non accompagné·e·s.

Ces élèves ne disposent que d’une année en classe d’accueil en (UPE2A) pour se mettre à niveau avant d’être inclus·e·s en classe ordinaire. Celle-ci a déjà été rabotée notamment par les retards d’affectation en début d’année. Dans ce sens, face à cette situation compliquée, nous demandons à ce que les élèves qui en ont encore besoin puissent poursuivre leur scolarité en UPE2A à la rentrée, sur décision de l’équipe éducative, et en accord avec les familles. Il ne nous parait vraiment pas nécessaire de mettre en place une commission départementale d’étude des maintiens, qui pousse notamment faire passer rapidement les élèves en classe banale pour libérer des places pour ceux et celles qui en attendent ! Face à ce besoin de libérer des places, nous avons cette revendication : créer les postes en UPE2A nécessaires !

Malgré la demande commune des syndicats de reporter les instances, décidant notamment de l’avenir des élèves comme les procédures d’orientation et d’affectation, aucune annonce de report du calendrier n’a été faite. Or, nous savons très bien qu’en maintenant ce calendrier, les élèves n’ont pas eu le temps de réfléchir convenablement à l’orientation, les procédures électroniques sont souvent inaccessibles pour les familles défavorisées, les équipes éducatives vont se retrouver noyées de travail, dans une précipitation, peu propice à une vraie réflexion.

La DSDEN du 93 et le rectorat de l’académie de Créteil semblent donc suivre leur calendrier d’organisation de la rentrée prochaine, comme si de rien n’était. Et dans le même temps, alors que le président de la république annonçait le 16 mars que « toutes les réformes en cours seraient suspendues », le rectorat envoyait un mail à tous les chefs d’établissement et les coordonnateurs d’UPE2A de lycées le 23 mars afin de mettre en place le passage de dotation rectorale de 32 à 21 heures. La préparation de la rentrée continue avec ses suppressions de moyens, alors que nous demandions des moyens en plus, notamment pour scolariser les centaines d’élèves en attente de place en UPE2A depuis des mois ou des structures pour les élèves non scolarisés antérieurement de plus de 16 ans ! La réponse de l’administration est de supprimer des heures d’enseignement adapté aux lycées allophones (11h en moins par dispositif), ce qui va encore davantage fragiliser ces élèves et à ce jour, nous n’avons pas reçu de réponse satisfaisante de l’administration pour créer le nombre d’UPE2A nécessaires pour scolariser les élèves en attente, et ceux qui ont besoin d’une poursuite de scolarité dans ces dispositifs. (UPE2A et dispositifs pour élèves non scolarisés antérieurement, NSA, en lycées).

Nous ne savons pas non plus si les élèves passeront leur premier diplôme élémentaire de langue française, le DELF dont la première session était prévue le 7 mai. Quoiqu’il en soit, nous demandons la garantie de l’organisation de tous les examens préparés par les élèves que ce soit le BAC, le CAP, le brevet mais aussi le DELF et le CFG.

Face à des années de réformes destructrices et de diminution de moyens dans les services publics, le gouvernement doit entendre les revendications des agents, qu’ils soient des hôpitaux, ou des écoles républicaines.

Pour ce qui concerne les UPE2A :
- Créations immédiates des UPE2A nécessaires ! Rétablissements des heures d’enseignement adapté perdues en UPE2A collège et lycée, ainsi que rétablissement et abondement des heures de suivi FLS !!
- Droit à la poursuite de scolarité en UPE2A à la rentrée, pour les élèves qui en ont besoin, sur décision des équipes éducatives
- Report des différentes instances, comme les opérations d’orientations et d’affectations, et garantie de l’organisation des différents examens comme le DELF