Communiqués Echo des bahuts

 Encore une rentrée de la honte en Seine-Saint-Denis !

 

Depuis lundi, les personnels de l’Éducation nationale vivent une nouvelle rentrée de la honte. Alors même que les vacances scolaires ont été marquées par le meurtre ignoble de notre collègue Samuel Paty et par l’aggravation dramatique de la crise sanitaire, le ministère répond à l’angoisse et à la détresse de nos collègues par davantage de mépris. Les rodomontades « républicaines » du ministre et les déclarations de son administration dissimulent mal les renoncements et les abandons. Renoncement à un hommage digne de ce nom, renoncement à un protocole sanitaire efficace, abandon d’un département sous-doté en agent·es, enseignant·es et moyens.

Le silence assourdissant de la DSDEN, du rectorat, du ministère face à nos demandes ne cache plus la colère des personnels : en ce début de semaine, nos collègues ont organisé par eux/elles-mêmes un hommage décent à Samuel Paty. Ils et elles ont pour cela soit pris sur leur temps personnel, soit gagné auprès de leur direction le temps banalisé que leur ministère leur refusait. Dans les deux cas, ce sont à nouveau les personnels qui ont compensé, par leur combattivité et leur dévouement, les errements ministériels. De même, face à un protocole qui n’a de « renforcé » que le nom, plusieurs dizaines de collèges et lycées du département ont exercé leur droit de retrait ou leur droit de grève.

La mobilisation se renforce partout dans le département. Pourtant le rectorat et la DSDEN continuent de mépriser les personnels, de s’opposer aux réalités locales en désavouant les chef.fe.s d’établissements qui ont construit un dédoublement des classes avec leurs équipes, en ne répondant pas aux collègues demandant des audiences et en ne diligentant pas les enquêtes réglementaires dans les établissements en droit de retrait.
La CGT éduc’action 93 soutient bien sûr tous nos collègues en grève, en droit de retrait ou mobilisé.e.s de quelque manière que ce soit. C’est pourquoi nous avons déposé les préavis de grève sur l’ensemble de la période. C’est égakement pourquoi nous portons le mandat d’une date de grève nationale dès la semaine prochaine.

La CGT Educ’Action 93 portera la voix des collègues en CHSCTD, en CHSCTA et continuera à travailler de manière intersyndicale pour protéger au mieux nos collègues. Nous appelons les personnels à interpeller l’administration de toutes les manières possibles (lettres, demande d’audience, motions …), à s’organiser en AG, en intersyndicale, dans tous les établissements, à nous faire parvenir les communiqués rédigés dans vos établissements pour les publier, à les partager dans la presse, dans les médias locaux et à montrer notre colères et nos revendications via des actions symboliques visibles sur les réseaux sociaux en utilisant des mots-clés (#balancetonprotocole, #stopmépris, #Blanquerdémission...). Enfin, nous dénonçons la répression des forces de l’ordre contre les lycéen-nes mobilisées pour l’obtention d’un réel protocole sanitaire. Nous demandons la libération immédiate des élèves interpellé·es.

En outre, la CGT Éduc’action 93 continue de demander :
- le dédoublement des classes selon des modalités décidées établissement par établissement
- la mise en place d’un protocole sanitaire réellement protecteur pour les élèves et les personnels
- des recrutements d’agent·es et de personnels pour pallier au sous-effectif chronique de notre département
- l’organisation d’un CHSCTD exceptionnel

Cette nouvelle rentrée de la honte met en lumière la dégradation du service public d’éducation en France et encore plus dans le 93. Pour cette raison, la CGT éduc’action 93 continue de porter la revendication d’un plan d’urgence pour l’éducation dans le 93.

Communiqué