800 collèges : attaque en règle du service public d’Education Nationale pour 45% des collèges du 93
Mise au pas des équipes, contractualisation, augmentation des risques psycho sociaux, baisse des moyens…
Comment le ministère a prévu de mettre à terre l’éducation prioritaire pour 59 collèges du 93.
Ce qui est prévu
1. Le ministère cible les 800 collèges avec les résultats les plus faibles au brevet.
2. Un équipe académique constituée à la fois d’IA-IPR, IEN, membres de l’administration académique/DSDEN, dirigée par les IG et le CASF (Conseil Académique des Savoirs Fondamentaux) pilote le déploiement sur l’académie et évalue les projets, notamment avec les chefs d’établissement.
3. 2 journées sont banalisées dans les établissements au premier semestre pour permettre aux équipes pédagogiques de chaque établissement de rédiger un diagnostic puis un projet pour y répondre.
4. L’équipe peut mobiliser plusieurs leviers : demande de formation des équipes, modification de l’organisation pédagogique (les chef.fes d’établissement restant le décisionnaire final quant aux choix de l’équipe), travail sur le climat scolaire (notamment en demandant un renforcement des fonds sociaux)
Conséquences :
1. Pilotage par les résultats et non par les besoins : un nouvel affaiblissement de la politique des moyens en fonction des besoins, sur des critères sociaux à l’échelle nationale !
2. Renforcement du New Public Management dans l’éducation nationale : on pilote par des « critères objectivés » dont la construction est plus que problématique, on pilote par le haut, en accentuant la pression sur les équipes… Une dynamique que l’on connait bien, et qui a amené à l’explosion des risques psycho-sociaux (RPS) ces dernières années !
3. La politique de contractualisation permet à la fois la fin de l’égalité sur le territoire national et en même temps la casse des équipes et des collectifs. Si les objectifs ne sont pas atteints, alors ce sera la faute des personnels de l’établissement. Un bon moyen de casser les plus vulnérables ou les représentant.es syndicaux.les. Une nouvelle augmentation des RPS à venir.
4. Pas de moyens supplémentaires : redéploiement des heures des groupes de niveaux, ou d’abondements d’autres établissements en éducation prioritaire. Un moyen de rejeter la faute sur les équipes « pas assez formées » pour faire réussir leurs élèves, mais aussi opérer une mise au pas des pratiques : sous couvert d’échanges de pratiques professionnelles, c’est une énième réduction de la liberté pédagogique.
Notre analyse CGT
Dans la droite lignée du ministère Blanquer, dont il était le directeur de la DGESCO, Geffray continue la politique de mise au pas de l’éducation nationale : libéralisme, contractualisation, privatisation et renforcement du New Public Management sont ses horizons. C’est ainsi qu’il faut comprendre le Plan 800 collèges ; un travail de sape de l’éducation prioritaire, sans avoir l’air d’y toucher, tout en renforçant la fin d’une politique nationale d’égalité territoriale. Pourtant, un collège REP a 7 fois plus de risques qu’un collège ordinaire de faire partie des 800 collèges : c’est bien que les difficultés sont socio-scolaires et que la politique d’éducation prioritaire doit être renforcée.
L’augmentation continue des risques psycho-sociaux depuis 2017 chez les personnels de l’Education Nationale a été à nouveau épinglée par la Cour des comptes dans son rapport de 2025 (les demandes de temps partiel thérapeutique ont ainsi augmenté de 250% entre 2018 et 2023, et les congés maladie de 41%). Pourtant le ministère s’obstine à garder les mêmes pratiques autoritaires et violentes contre les personnels.
Dans le même temps, la mise au pas des pratiques pédagogiques se fait sous couvert d’innovation. Si les échanges de pratiques professionnelles sont des outils précieux dans les équipes enseignantes, il est ici question d’en faire un moyen de coercition, pour faire rentrer les moutons noirs dans le rang. Dans une période de montée de l’extrême-droite et d’une vision particulièrement réactionnaire de l’école, notre liberté pédagogique est vitale. Notre indépendance doit être protégée !
Enfin, il s’agit une fois de plus de faire semblant d’agir sur un problème, sans moyens, pour mieux détruire le service public de l’intérieur. Quand les classes ont les effectifs parmi les plus chargés de l’OCDE, quand 45% de nos collèges sont concernés par ce plan, quand en Seine-Saint-Denis, l’Etat ne dépense que 6200€ par élève contre 8600 en moyenne dans le reste de la France, quand la médecine scolaire s’effondre, il s’agit simplement de mettre définitivement à terre l’éducation prioritaire et la promesse d’égalité pour tous.tes nos élèves.
La CGT revendique…
Toujours un plan d’urgence pour l’Education en Seine-Saint-Denis ! 20 élèves par classe, des personnels psycho-médico-sociaux, des personnels de vie scolaire, une inclusion de qualité et surtout une dépense à la hauteur des besoins !
Un refonte et une amélioration de la carte de l’éducation prioritaire selon nos repères revendicatifs (QR code ? https://www.cgteduc.fr/wp-content/uploads/2024/01/Reperes-revendicatifs-college.pdf
https://www.cgteduc.fr/wp-content/uploads/2024/03/Reperes-Revendicatifs Education-Prioritaire-adoptes-2024-03-22cp.pdf )
Le respect de notre liberté pédagogique
La fin des politiques de contractualisation dans l’Education Nationale. Une vraie politique de prise en charge des risques psycho-sociaux (RPS) dans l’éducation nationale
Comment agir et lutter
Face à la contractualisation des politiques publiques, une méthode a déjà été éprouvée dans de nombreux collèges, notamment lors de la lutte contre les évaluations d’établissement.
L’objectif est de ne pas se laisser prendre par les promesses creuses d’amélioration des conditions de travail. On l’a bien compris, aucun moyen supplémentaire ne sera dégagé, et, comme lors des évaluations, l’idée est avant tout de repérer les personnels qui ne correspondent pas à la doxa gouvernementale actuelle pour mieux les casser. Pour cela, on peut donc refuser de participer et/ou vider de leur sens les réunions.
1. Construire le collectif, réfléchir en Heure d’info Syndicale, pour décider d’une réponse collective qui convienne au plus grand nombre et soit appliquée par la majorité de l’équipe éducative.
2. Si l’on choisit de boycotter purement et simplement : il est possible de faire grève lors des journées banalisées (la banalisation équivaut à un ordre de mission, ne pas participer entraîne donc une perte de salaire). Cette solution est la plus simple mais les collègues doivent participer très largement pour que cela
soit efficace.
3. Si l’on choisit de détourner les journées banalisées, en profiter pour changer l’ordre du jour : parler des risques psycho-sociaux, du manque de moyens, remplir le Registre Santé et Sécurité au Travail, utiliser nos revendications pour établir les critères de diagnostic et refuser tous les autres. Cette solution implique de préparer les actions et les discours portés de manière collective le jour J, afin que la parole n’émane pas d’une ou deux personnes.
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